كلّية الآداب بسوسة،اغتيال الديمقراطية من خلال الانتخابات الموجهة لاسلكيا ليوم23 جوان2008

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A
quoi sert un Conseil scientifique ? Avons-nous encore une
conscience ?

Nous
sommes appelés à voter pour élire nos représentants au prochain Conseil
scientifique de notre Faculté. Quatre (4) membres du corps A et quatre (4) membres
du corps B. Une fois élus, ils éliront à leur tour un membre du corps A à la
charge de doyen. Comme vous le savez sûrement, les candidats à cette charge ne
manquent pas, pour des raisons strictement d'ordre académique, comme on a
appris à le connaître surtout depuis le long mandat de notre collègue, que l'on
ne voit plus du reste.

Qui
a droit de voter pour ce Conseil ? Tous les membres recrutés par un jury
national.

Qui
a droit de se présenter au Conseil scientifique ? Tout membre titulaire de
son poste, c'est-à-dire presque tous les collègues recrutés à leur poste depuis
leur titularisation.

La
bonne question n'est donc pas seulement de savoir qui a le droit de
voter mais de savoir pourquoi voter et surtout pour qui
voter.

On
vote d'abord pour que notre Faculté ait une instance qui la dirige
quotidiennement, car là réside la raison essentielle de l'existence du Conseil
scientifique : c'est l'instance qui dirige la Faculté, avec à sa tête son
Président : le doyen.

On
vote ensuite pour défendre les intérêts de toutes et de tous au sein de notre
Faculté. C'est dire l'importance de ce Conseil scientifique, même si l'Etat
fait tout son possible pour lui garder son aspect consultatif, alors que dans
tous les pays démocratiques, le Conseil scientifique est délibératif,
c'est-à-dire que ses décisions sont déterminantes et applicables. Au lieu de
faire fonctionner le Conseil scientifique comme l'instance démocratique de
notre Faculté, nos collègues, doyen le temps d'un mandat, ou même le passé durant
deux mandats, l'ont fait fonctionner comme une chambre d'enregistrement,
l'appauvrissant, le vidant de tout son sens, ne servant en cela que leurs intérêts
propres. Il y a trois ans, on a demandé au doyen sortant le bilan de six années
de mandature, tout le monde sait ce que fut sa réponse. Quant à l'actuel doyen,
partant, la charité commande de se taire. Or une bonne gouvernance aurait voulu
qu'une inspection de gestion, commandée par la Présidence de l'Université, ait
eu lieu, surtout après six années de gestion de l'argent des contribuables. Il
n'en fut rien, pour des raisons philosophiques, probablement.

Aujourd'hui,
pourquoi voter pour les mêmes membres sortants, ou presque, quand on
sait le bilan, si l'on peut parler de bilan, du Conseil scientifique
partant ? Et pourquoi voter pour presque les mêmes personnes
qui sont là depuis longtemps, depuis si longtemps ? Pourquoi voter
pour deux candidats qui partent en année sabbatique ? Est-ce moral ? Pourquoi
voter pour une candidate qui est rarement présente durant les réunions du
Conseil scientifique ? Enfin ! elle sert à quoi ? Posez-vous ces
questions, n'ayez pas peur. Mes chers collègues, on se moque de vous, et ils
ont sûrement raison de le faire puisque vous vous prépareriez à voter pour ces
gens-là. Certain se présente pour la 4e fois ! une autre pour
la 3è fois, un autre pour la énième fois, on va être obligé de changer le code
électoral du Conseil scientifique afin que nos collègues -dont l'un d'entre eux
est là depuis 11 années, 11 longues années- soient élus à vie. Quelle triste
chose que vous risquez de permettre, car c'est vous qui votez pour eux pour
qu'ils restent, pour qu'ils empêchent que ce Conseil scientifique ait la chance
de se renouveler. N'est-il pas temps de donner la parole et la responsabilité à
nos nouveaux collègues -jeunes et moins jeunes- que nous connaissons et en qui
nous avons réellement confiance, des hommes droits ? Avec qui nous
partageons une partie de notre vision du monde ? N'est-il pas temps de
nettoyer les écuries d'Augias afin de hâter la venue du printemps dans
notre Faculté ? N'est-il pas temps que ceux qui partagent nos espoirs et
nos projets et, quelquefois, nos rêves, les portent au Conseil
scientifique ? Il vous sera dit tout au long des jours à venir qu'il faut
de l'expérience, beaucoup d'expérience, de l'expérience à en revendre, de
l'expérience en-veux-tu-en-voilà, de l'expérience dans chaque repli de la peau
et même dans les lacets des chaussures, pour pouvoir diriger le Conseil
scientifique. Seulement voilà, cette soi-disant expérience ne sert visiblement
à rien puisque notre faculté est figée totalement depuis qu'ils sont à sa tête,
cette « expérience » n'a abouti à rien et rien n'est fait ou peu,
c'est une « expérience » virtuelle et de propagande, puisque l'on ne
voit pas les résultats de cette « expérience » sur notre faculté,
alors qu'une autre équipe se présente, dotée d'une nouvelle vision et de
projets véritables qui serait plus compétente et plus efficace. Nous préférons
quelqu'un qui ne se vante pas d'avoir une pseudo-expérience mais qui porte au
moins une vision saine et transparente du fonctionnement de notre faculté, là
au moins, les choses marcheront et réussiront. L'autre vision, conservatrice,
figée, persuadée d'être détentrice des vérités et des secrets de polichinelle du
Conseil scientifique empêche notre Faculté et nos collègues d'avancer. Elle est
à la limite une insulte à notre intelligence et un mensonge car ni l'actuel
doyen, ni l'ancien, encore moins l'actuel vice-doyen -là, depuis maintenant
bientôt ONZE ANS, vous avez bien lu !- ne sont sortis de l'Ecole nationale
d'administration. Comme vous le savez : l'un est arabisant, l'autre est
historien, nous voilà bien loin de cette prétention à dire
« expérimenté », car dire cela, c'est insulter toute une équipe de
fonctionnaires formidables qui veillent à ce que notre Faculté fonctionne tous
les jours dans des conditions acceptables, c'est ne pas reconnaître tout le
travail fait chaque jour par le Secrétariat général avec ses adjointes et ses adjoints
pour faire tourner cette Faculté dans le bon sens, même si tout n'est pas
parfait, il faut le dire aussi.

Un
doyen et un vice-doyen autoproclamés avec 99,97 % ? Avons-nous encore une
conscience ?

Quel
mépris pour le choix et la décision de nos collègues ! Ils ont déjà décidé
à notre place des collègues que l'on veut voir diriger la Faculté. Donnons-leur
une leçon : pour la première fois, l'occasion est donnée à cette Faculté
de RENOUVELER son équipe dirigeante, du sang frais doit circuler dans cette
institution qui nous est chère. Il faut renvoyer tout ce petit monde vers ses
travaux, et permettre à notre Faculté de respirer un bon bol d'air frais, qui
permette que de nouveaux projets puissent voir le jour, car notre Faculté est
devenue une véritable Belle au Bois dormant. Donnons la chance à notre
Faculté de pouvoir compter sur de nouveaux collègues issus des collègues, et
porteurs de leurs projets, et non issus des discussions dans les coins sombres,
à coups de téléphone, à coups même d'intimidation semble-t-il, à coups de
pression, à coups de fausses promesses qui ne sont jamais tenues, car elles se
sont toujours révélées fausses ces promesses, depuis six ans, depuis trois ans,
car c'est bien le clientélisme qui régirait ces rapports, et à coups de peur,
de cette peur tenace -peur pour la carrière, pour la titularisation, pour le
passage de grade, pour l'habilitation-, et depuis peu de temps, une autre carte
infâme : le régionalisme, est en train d'empoisonner les relations entre
les collègues. Jusqu'à quand ? Regardons les choses en face et arrêtons
de courber l'échine.

Chers
collègues, il faut dire non à tout ce monde, monde du passé, tourné vers le
passé, avec les moyens du passé, avec les pratiques du passé, avec les
agissements sournois du passé, avec l'opacité comme règle de fonctionnement. Il
faut les renvoyer vers ce passé qui empêche notre Faculté d'avancer, de se
tourner vers demain, de relever les défis inéluctables qui se dressent devant
notre institution, devant nos étudiants, devant nous tout simplement. Soyons
ambitieux pour nous-mêmes et pour notre Faculté. Est-il normal que l'on ignore
tout du fonctionnement de la revue de notre Faculté et de la composition de son
équipe de rédaction, devenue presque éternelle ? Est-il normal que notre
collègue -officiellement à la retraite depuis déjà trois années- directeur de
la revue, se maintienne envers et contre tous à cette fonction? Qu'a fait
l'actuel Conseil scientifique pour résoudre ce problème ? Rien,
strictement rien, car cela arrange bien du monde, mais sûrement pas notre
Faculté ni nos jeunes collègues qui veulent publier, et publier librement leurs
travaux, sans contrôle des consciences et sans censure méprisable et indigne
d'un espace universitaire.

Ayons
confiance en nous-mêmes, ayons confiance en ces nouveaux collègues qui se présentent,
le changement est une nécessité afin que de nouvelles opportunités et de
nouveaux projets puissent avoir l'occasion de se réaliser. On ne fait jamais du
neuf avec de l'ancien, tout le monde le sait. L'immobilisme est une tragédie
dans la vie des nations. Est-ce vraiment cela ce que vous voulez ? Que
l'on vous paye encore avec des mots creux ?

Des
collègues intègres -et vous le savez- se présentent à vous, ils n'auront de
comptes à rendre qu'à vous, dans des réunions mensuelles avant et après les réunions
du Conseil scientifique. C'est à partir du bilan du présent Conseil
scientifique qu'il faudrait vous poser des questions, avoir le COURAGE de le
faire et envoyer à la plage l'ancien afin que notre Faculté accueille
joyeusement dans la responsabilité et la transparence l'été qui s'annonce avec
nos nouveaux collègues. Nous sommes en fin de compte riches, mais riches des
projets que nous portons et de la confiance que nous portons à nos collègues.
Un dernier mot : un candidat virtuel au décanat propose une solution
« clé en mains » : il amène dans ses bagages ses propres
candidats du corps B, et même un vice-doyen, il ne manque plus à la liste que
le jardinier. Ne nous laissons pas abuser, ils n'ont pas servi la cause de nos
collègues depuis longtemps, et ils ne la serviront pas mieux cette fois. Leur
manifeste électoral parle de transparence : quel mépris pour nos
consciences ! Au bout de NEUF ANNEES, ils ne l'ont pas pratiquée cette
transparence, pourquoi voulez-vous qu'ils le fassent aujourd'hui ? Il
faut que les membres du corps B et A, candidats au Conseil scientifique, soient
indépendants du candidat pour le décanat : ils pourront
ainsi lui demander des comptes et informer les collègues de ses agissements. Mais,
s'ils sont de son bord comme c'est le cas aujourd'hui, comment voulez-vous
qu'ils puissent le faire ? Comment mordre la main de celui qui vous
nourrit ? Peut-on vraiment leur faire confiance ? Réfléchissez longtemps à
cela quand viendra le jour du vote et pensez à Nietzche concernant ces marchands
de sable : « Ce qui me dérange, ce n'est pas que tu m'ais menti,
c'est que désormais je ne pourrai plus te croire ». Imposture et
charlatanisme marquent ces positions fictives et virtuelles. Demain ils nous
diront peut-être qu'ils guériront le cancer de l'utérus si on vote pour eux,
peut-être même qu'ils feront tomber la pluie dans le désert aussi, qui
sait ?

Ailleurs,
on ne peut pas encore influer sur le cours des choses, mais ici : OUI, on
peut le faire. Il faut arrêter donc de se lamenter, et se dire : OUI, je
peux changer les choses ICI ET MAINTENANT.

                                                    Farid Khiari. Département d'Histoire
De Sousse

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